Vancouver - L'art canadien bat des records

Isabelle Paré - Le Devoir
Édition du vendredi 19 juin 2009

Plus de 2 millions pour un Émily Carr et 1,17 million pour un Riopelle

Les affres de la récession ne semblent pas avoir d'emprise sur les collectionneurs d'art canadien, qui se sont rués mercredi soir à Vancouver à la vente de printemps de la maison Heffel, où une toile d'Émily Carr s'est envolée pour 2,16 millions et un Riopelle, pour 1,17 million.

Contre toute attente, trois toiles ont été vendues pour plus d'un million, fracassant du même coup le record du plus haut prix jamais payé pour une oeuvre d'Émily Carr. Malgré la tourmente économique, les prix se maintiennent sur le marché de l'art canadien, après les plafonds atteints il y a un an.

À plus de 2,16 millions, Wind in the Tree Top, d'Émily Carr, vient au quatrième rang parmi les toiles vendues le plus cher dans l'histoire de la peinture canadienne, la première place échouant toujours à Paul Kane, dont un tableau a été adjugé pour 5,06 millions en 2002.

Une oeuvre de Tom Thomson, Birches and Cedar, Fall, pourtant évaluée entre 600 000 et 800 000 $, a été arrachée pour 1,4 million, un record à vie pour cet artiste, souvent décrit comme le précurseur du Groupe des Sept.

Selon Robert Heffel, président et copropriétaire de la maison Heffel, ces résultats découlent de la rareté et de la qualité des toiles offertes à l'occasion de cette vente. À son avis, la récession n'a pas d'impact sur les collectionneurs aguerris. «Pour les collectionneurs passionnés, il y avait des occasions uniques à saisir. Ces trois oeuvres ont capté l'imagination puisqu'elles sont très rares. Celle d'Émily Carr avait été acquise de l'artiste il y a environ 50 ans par la famille qui a mis le tableau en vente, et celle de Tom Thomson aussi», a expliqué ce dernier hier.

Robert Heffell, qui est dans le commerce de l'art depuis 30 ans, dit n'avoir eu que six occasions de mettre en vente des oeuvres de Carr d'une telle valeur, la plupart étant aujourd'hui détenues par des musées ou des collections privées.

Quant à Jouet, une toile de Jean-Paul Riopelle peinte en 1953, elle a été acquise mardi pour 1,17 million, ne battant toutefois par le record canadien de 1,66 million établi par le peintre avec Il était une fois une ville. Le peintre de l'Isle-aux-Grues avait aussi fracassé les ventes chez Christie's en mai 2008 à New York en faisant monter les enchères à 1,889 million.

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